LES VOIX DE LA PÉTANQUE · Joueur de loisir

Jonathan Tubaud : les amis, le plaisir et l’envie de gagner

Jonathan Tubaud, joueur de loisir de Cérons, en Gironde, raconte sa pétanque : des pauses entre les rangs de vignes aux concours de village, les amis, le goût de gagner et cette peur de ne pas être au niveau en club.

Publié le 13 septembre 2026 · L’Œil du Bouliste

Entretien établi à partir des réponses recueillies. Questions regroupées et propos corrigés pour la lisibilité. Les opinions et les souvenirs exprimés sont ceux de l’invité.

Une histoire d’amitié

Comment la pétanque est-elle entrée dans ta vie ?

J’avais beaucoup d’amis licenciés qui m’ont fait aimer ce jeu. J’ai commencé vers 16 ans : à la pause du travail, on jouait avec un ami entre les rangs de vignes. Avant ça, on jouait un peu en famille, mais je ne connaissais rien à la pétanque.

Quand et avec qui joues-tu aujourd’hui ?

Avec mes potes, pendant l’apéro ou après le repas. Je joue beaucoup l’été et jamais l’hiver. Pour moi, la pétanque, c’est la convivialité et le partage. C’est avant tout un moment social.

Tu te considères comme un bouliste ?

Non, comme un joueur récréatif. Pour moi, c’est une différence de niveau. Si je m’inscris dans un club, par exemple, j’ai peur de ne pas trouver de partenaire qui veuille jouer avec moi.

Le plaisir de jouer… et de gagner

Tu joues pour gagner ou pour passer un bon moment ?

Un peu des deux, parce que je suis quand même un peu compétitif. Une bonne partie, c’est une partie serrée, avec des joueurs à peu près du même niveau. Et je peux la prendre très au sérieux si c’est contre des potes qui me chambrent ! Je suis un petit peu mauvais perdant.

Tu es plutôt pointeur ou tireur ? Avec quelles boules joues-tu ?

Plutôt pointeur. Je joue avec des Obut Salamandre.

Est-ce que tu cherches à progresser ?

Oui, j’essaie. J’ai des amis qui me donnent des conseils. En revanche, je ne m’entraîne pas seul et je ne regarde pas les champions pour apprendre. Les règles officielles, je les connais à peu près.

Quel coup te procure le plus de plaisir, et lequel aimerais-tu maîtriser ?

Le carreau est jouissif ! Et j’aimerais maîtriser une belle plombée.

Qu’est-ce que ta manière de jouer dit de ton caractère ?

Je joue moyennement, mais je peux faire la différence sur les boules décisives. Je suis le même dans la vie et sur le terrain : je ne prends pas la pétanque suffisamment au sérieux pour devenir quelqu’un d’autre en partie.

Le club attire, le niveau intimide

Qu’est-ce qui pourrait te donner envie de rejoindre un club, et qu’est-ce qui te retient ?

J’en rejoindrais un pour l’ambiance. Ce qui me retient, c’est mon niveau, que je qualifierais d’insuffisant. Je sais dans quel club je pourrais m’inscrire : celui de mon village.

As-tu déjà eu un aperçu de l’ambiance d’un club ?

J’ai approché un club avec un ami et on a joué au chapeau. J’ai vu la différence de niveau et on me l’a fait ressentir, mais ce n’était pas méchant. Je pense que les clubs sont accueillants.

Si demain on t’offre une licence et une saison complète dans un club, tu acceptes ?

Oui.

À tes yeux, a-t-on besoin d’une licence pour se sentir bouliste ?

Je pense. J’ai eu une licence de foot pendant des années, et j’avais moins de considération pour les gens qui jugeaient ce jeu sans avoir jamais eu de licence.

Un regard sur la compétition

La compétition t’attire-t-elle ?

Oui. J’ai déjà regardé un concours officiel et participé à des concours ouverts aux non-licenciés. Mais ça ne ressemble pas vraiment aux parties avec mes proches : le niveau est beaucoup plus élevé. Et la récompense, quelle qu’elle soit, change l’ambiance.

Si tu pouvais changer quelque chose dans ce sport, ce serait quoi ?

Du point de vue du joueur de loisir que je suis, tout va bien. En revanche, je sais qu’en concours officiels, il arrive que les joueurs partagent les gains, parfois à partir des quarts de finale, et je suis contre. Mais je comprends aussi ceux qui veulent rentrer chez eux avec un peu d’argent.

Quelle image as-tu de la pétanque organisée ?

Ça reste amateur malgré les efforts faits, notamment avec les partages dans les petits concours. Le haut niveau se rapproche du professionnalisme, mais il faudrait que les joueurs arrivent à mieux en vivre. Je comprends qu’il y ait des payeurs, mais pour moi ça ne colle pas avec le professionnalisme.

Est-ce que tu suis les parties et les résultats ?

Un petit peu, sur la chaîne L’Équipe. Encore moins sur YouTube, parce que les parties en direct sont difficiles à trouver.

La pétanque est-elle suffisamment reconnue comme un sport ?

Non, clairement pas. Je pense qu’elle reste un “sport de vieux” dans l’imaginaire collectif. Beaucoup de gens jouent sans licence parce qu’ils la considèrent davantage comme un loisir. Pour attirer les jeunes, il faudrait des stars plus visibles à la télé et sur les réseaux.

Qu’est-ce que la compétition pourrait apprendre des joueurs de loisir ?

Ne pas perdre le plaisir de jouer, peut-être.

La triplette rêvée

Quel champion aimerais-tu affronter le temps d’une mène ?

Fazzino, il a l’air rigolo !

Avec qui aimerais-tu faire une triplette, et pourquoi ?

Avec Quintais et Suchaud. J’ai en tête leur victoire à la Marseillaise avec Jouffre.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui n’a jamais touché une boule ?

Je ne lui donnerais pas de conseils : il faut qu’il en prenne auprès de meilleurs joueurs.

En une phrase, pourquoi aimes-tu la pétanque ?

C’est un sport de précision : avec un coup de chance, tu peux briller même si tu n’es pas bon.

L’anecdote en partie du joueur

Ton souvenir le plus marquant en concours ?

Une demi-finale dans un concours de village à Saint-Sulpice-de-Pommiers. La partie était serrée. Mon partenaire me dit : “On va voir si tu as des c…” Je pointe et je fais un bouchon primordial.

Tu as déjà fait mentir un adversaire qui se croyait plus fort ?

Oui, en demi-finale d’un concours de fête. Mon adversaire me disait : “Je t’ai montré le chemin.” Sauf que j’ai fini par mieux pointer mes boules que lui, et on a gagné la partie.

Et ton plus gros raté ?

À la pause du travail, j’ai voulu pointer en plombée et j’ai failli mettre la boule dans la tête de quelqu’un qui regardait. Heureusement, il l’a évitée.

Avec qui adores-tu jouer ? Et les disputes entre amis ?

J’adore jouer avec mon ami Dudule. Il n’y a pas particulièrement de joueur contre qui je déteste jouer. Des disputes, il y en a sans doute eu, mais avec les amis, ça passe vite.

Une partie a aussi été interrompue par un spectacle inattendu…

Un soir d’été, devant la résidence de la Palmeraie à Langon, nous disputions une doublette entre amis. La nuit était tombée, mais il faisait encore chaud. Soudain, quatre ou cinq formes jaune orangé, rondes ou en croissant, ont traversé le ciel à une vitesse folle. Deux secondes à peine, et elles avaient disparu. Nous avons tous lâché nos boules, ébahis. Nous n’avons jamais su ce que c’était. Je dis souvent que ce jour-là, j’ai vu deux OVNI : Nelly Peyré, un OVNI de la pétanque tant elle jouait déjà bien pour son âge, et celui dans le ciel, toujours non identifié !

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